Entre la nappe phréatique affleurante de la plaine d'Alsace et les alluvions du Rhin qui structurent le sous-sol strasbourgeois, la question de la liquéfaction n'est jamais une abstraction théorique. Depuis notre laboratoire, nous constatons que les sols sableux saturés présents sous les quartiers centraux et les zones d'extension urbaine de Strasbourg réagissent d'une manière très particulière aux sollicitations cycliques, même modérées. L'analyse de liquéfaction des sols que nous menons intègre la granulométrie fine des sables vosgiens et rhénans, la densité relative mesurée in situ, et l'historique sismique régional — car si l'Alsace est classée en zone de sismicité modérée, les effets de site peuvent amplifier les accélérations au droit des argiles à lignite et des lentilles sableuses intercalées. Dans ce contexte, un essai CPT en continu apporte une lecture stratigraphique fine, indispensable pour caler les profils de résistance et identifier les horizons critiques avant toute modélisation du risque de liquéfaction dans la capitale européenne.
Dans la plaine rhénane strasbourgeoise, ce n'est pas la magnitude du séisme qui inquiète, mais la saturation permanente des sables fins.



